Pic’Art de l’Assoumière


ANNE CILLON PERRI VU PAR JEAN CLAUDE AWONO EN 1998

ANNE CILLON PERRI

 

            Né le 22 septembre 1961 à Foulassi, près de Sangmélima dans la forêt sud Camerounaise, ANNE CILLON PERRI est un pseudonyme, une simple transposition anagrammatique du nom NNA Pierre Collin. Cet homme à la carrure dense et à l’intelligence fulgurante, a hérité de toutes les faveurs de la providence. Car il voit le jour dans la localité où fut composé le chant de ralliement patriotique, le célèbre poème écrit par les élèves de notre William PONTY qui, après 1960, devint l’hymne nationale de notre pays, et, autre génie du sort, ses racines paternelles font de lui le rejeton du terroir qui vit naître, en 1930, le très controversé prêtre et poète camerounais Engelbert MVENG. Ces dons du ciel vont, telle une semence féconde, germer en un homme qui se souvient qu’il vient d’une enfance austère, sans foyer conjugal, donc sans faveur, sur les pistes de l’unique et lointaine école du village où il faut aller pieds nus, presque en haillons et traverser des bosquets inquiétants. Il est élevé par ses grands oncles maternels et ne connaîtra son père, instituteur de campagne à la carrure imposante et au verbe séducteur qui parle comme un blanc, qui écrit des poèmes et qui ne sait pas se priver, que très tard, après moult meurtrissures intérieures.

 

            Son cursus scolaire l’amène à étudier les langues anciennes et les humanités qui vont  contribuer, de façon décisive, à forger l’esprit pointu et profondément introverti d’ANNE CILLON PERRI. Il exerce des fonctions administratives qui l’ont amené à étudier le droit. Mais le savoir juridique n’a jamais pu avoir raison du poète que Patrice Kayo présente d’ailleurs dans sa récente anthologie comme “ une des plus grandes promesses de notre poésie “(1)

 

            La poésie d’ANNE CILLON PERRI est le produit d’un immense travail sur le langage et rappelle tous les grands classiques. Il est de la race des serviteurs de l’art qui, pour tracer une seule phrase, blanchissent sous le harnais, de jour comme de nuit:

 

«C’est encore la nuit

La garce sadique qui secoue les assises de mon espoir

La garce qui me torture le cœur

Comme un chiffon que l’on déchire»

 

Le poème est chez ce poète plus qu’accompli le fastidieux résultat de toutes sortes de recherches esthétiques sonores, itératives, mélodiques, visuelles… Ce francophile invétéré ne s’approprie point la langue française, comme certains, dans l’optique de la coloniser. Il la convoque telle qu’elle est, et parfois telle ou plus qu’elle devrait être, et en fait une sorte d’humus généreux d’où germe, comme un peuple de fleurs, une poésie colorée, dense, pure et savoureuse. On comprend donc que la poésie soit pour notre passionné de la belle phrase non pas “le développement d’une protestation“, comme s’imaginaient les surréalistes BRETON et ELUARD, mais un jeu, avant d’être autre chose,

 

«Un espace inexpugnable à la croisée des utopies, c’est-à-dire, loin du monde, loin des soifs. Mais jouer est-il toujours synonyme de s’amuser ? Non ! Assurément non»,

 

répond l’auteur dans le seuil de son recueil inédit intitulé Tam-tam à cœur ouvert. Cet investissement formel n’a de sens que parce qu’il est au service d’un mode de désignation du monde particulier, avec ses incongruités, ses atrocités, mais aussi ses largesses et ses petits bonheurs inespérés. L’avant-propos de l’œuvre sus-citée exprime toute sa pensée poétique faite de quête d’amour, de paix et de fraternité:

 

«Ces thèmes reviennent avec une certaine redondance dans ce livre que j’ai voulu dépouiller autant que faire se pouvait de tous les orgasmes et sarcasmes qui l’encombraient originellement »

 

            ANNE CILLON PERRI ne cache pas son admiration pour VERLAINE, et surtout pour APOLLINAIRE. Mais on sera toujours heureux d’admirer en quelque encoignure de cette œuvre, assurément l’une des plus forte de l’Afrique actuelle, quelques figurines senghoriennes qui accompagnent et enrichissent une poésie investie du pouvoir de la rénovation et de l’éternité. Toute l’influence que ce poète majuscule exerce sur les jeunes poètes de Yaoundé et singulièrement ceux de La Ronde des Poètes et tout le respect et la fascination qu’il inspire, sont ainsi justifiés.

 Jean Claude Awono

ANNE CILLON PERRI EN NOIR ET BLANC

ANNE CILLON PERRI EN NOIR ET BLANC



MOTO-TAXI ? BONJOUR LES GAFFES (Attention : quelques images violentes)
13 septembre 2008, 1:34
Classé dans : CHOSES VUES | Mots-clefs: , , , , ,

Depuis bientôt trois ans, les rues des principales villes du Cameroun sont prises d’assaut par une nouvelle génération de taxis : les motos-taxis. Les motos-taxis ont fait leur apparition pour la première fois dans les villes du nord du Cameroun. C’était il y a une vingtaine d’années. La pratique s’est ensuite étendue à la ville de Bertoua. A la faveur des lois portant sur la levée des entraves douanières à l’exportation, des motos asiatiques vendues à bas prix ont inondé le marché camerounais, entrainant la généralisation de la pratique des matos-taxis à tout le Cameroun. Car, celles-ci ont l’avantage de pouvoir circuler là où les voitures ont du mal à passer.

MOTOCYCLISTE A ANGONGUE

MOTOCYCLISTE A ANGONGUE

JE SUIS DERRIERE VOUS

JE SUIS DERRIERE VOUS

Du coup, des scènes comme celle-ci ne sont plus rares.

MOTO A YAOUNDE EKOUNOU

MOTO A YAOUNDE EKOUNOU

A Douala, on parle de cabine avancée pour dire qu’un motocycliste a pris plus d’une personne sur sa moto. On dit parfois aussi qu’il a bâché.
MOTO A TROIS

MOTO A TROIS

Malheureusement, on assiste parfois à ce genre de spectacle

HORREUR

HORREUR : VICTIMES DE LA MOTO SANG SANS SENS

Au mois de mars 2008, lors des grèves sur la vie chère qui ont dégénéré en émeutes à caractère politique, les motos-taxis étaient souvent en tête de cortège dans les manifestations de rues.
GREVES A YAOUNDE

GREVES A YAOUNDE



SALES TEMPS SUR LA ROUTE D’ANGONGUE
16 août 2008, 12:58
Classé dans : L'USURE DU QUOTIDIEN | Mots-clefs:

Pour ne pas être obligé de lire un traité de droit international humanitaire, j’ai décidé d’aller à la campagne ce 15 août. Angongué se situant à cent trente huit kilomètres de l’Assoumière, j’ai pensé qu’il ne serait pas désagréable d’y aller. Mais il fallait passer par Minkoumou ou Nkoumadjap.

Bien que la piste ne soit plus carrossable du côté de Minkoumou, j’ai décidé de passer par là. Cet itinéraire avait le double avantage de me faire traverser Ko’o par son passage le plus chargé de mes souvenirs d’enfance et de traverser entièrement mon village.

S'y trouve ma folle enfance forestière

S

 

Otonsi ne coule pas vers la route ni Otombozo’o. (c’est le dernier O de ce nom que j’ai élidé dans mon poème intitulé feuille de route). Par contre, Kouboukoubou n’est pas un cours d’eau. C’est un endroit situé en aval d’Abong Mbanga où Ko’o, s’étant subdivisé en deux bras, drainait le plus de poissons.

Le mont Eloumnden était partiellement couvert au moment où je m’apprêtais à aller dans mon village natal. Ce n’était pas très beau. Mais cette image vaut la peine d’être regardée pour que vous puissiez prendre toute la mesure de mon désespoir.

Quelques kilomètres avant Angongué, patatras !

Quelle galère !

A la roseraie des cocotiers, les cocotiers ont encore cette taille.

Mais il y a des bananiers et ce coin où les habitants du village viennent chercher leur eau.

 

Pauvre TONY MEFE qui pensait à une journée agréable à la Roseraie des cocotiers

Que dire de Nathalie, la charmante épouse de TONY qui est revenue d’Angongué avec un orteil douloureux ?

Nous avons regagné Yaoundé par une voiture comme celle qui se voit ici :