Pic’Art de l’Assoumière


KOKO KOMEGNE
2 juin 2009, 3:12
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KOKO 1

LE PEINTRE KOKO KOMEGNE EN 2006

BIOGRAPHIE SOMMAIRE DE KOKO KOMEGNE

 2 octobre 1950 : naissance à Batoufam, petit village à l’ouest Cameroun, au sein d’une famille de planteurs, de Komégné Gaston, fils de Wembo Bôgouok Kouamo Samuel et de Lieche Pauline.

1956 : Le jeune Koko est envoyé à Yaoundé vivre chez son oncle. Il y fréquente l’école jusqu’au CM2. Ambiance musicale, la concession étant entourée de bars qui s’animent dès la nuit tombée de musique congolaise, de merengue, de tchatchatcha…

1956-1964 : Premiers dessins. Le Boxeur, première sculpture (1960-62), qu’il réalise à partir d’un clou déformé à la flamme et au marteau : sa première oeuvre d’art, qui sera longtemps conservée dans la maison familiale de Yaoundé.

1964 : 1er retour au village familial après une absence de 8 ans. Koko a 14 ans, il redécouvre, durant 3 mois de vacances d’été qui l’éloignent de la ville, une autre société, d’autres comportements de vie, un autre système de valeurs…

Koko rentre à Yaoundé pour reprendre l’école, mais décide presque immédiatement de repartir dans son village. Il profite de la présence de sa famille, et notamment de sa grand-mère, qui le gave, dans sa maison au toit de chaume, de nourriture, de conseils et de sagesse… Il étudie à ses côtés la nature, les pouvoirs des plantes, les chants d’oiseaux… Il y reste une année, puis, se sentant incompris, il entreprend de quitter le village.

Juillet 1965 : Koko tente de repartir pour Yaoundé, mais, n’étant pas en possession d’un laisser-passer, il reste bloqué aux portes de la ville. Il se tourne alors dans la direction opposée et décide de marcher vers l’ouest. C’est ainsi qu’il arrive à Douala par “un coup du destin”. Il est accueilli chez un oncle.

Rencontre avec Jean Sabatier, peintre publicitaire et de chevalet à son temps libre, qui marque le début de sa carrière. “Voici devant moi un blanc d’une soixantaine d’années, vêtu d’une chemise Lacoste blanche, d’un short de tennis blanc, de chaussettes blanches, avec une gourmette en or et un pinceau à la main en train de peindre une enseigne. Je me dis “Merde! Tous les peintres que j’ai toujours connu faisait un travail sale, et voilà que l’on peut faire de la peinture de manière propre ! Moi qui n’ai que 16 ans, je prends mon courage et me dirige vers lui, et je lui déclare “Je veux apprendre le travail” Il m’a regardé, et m’a répondu “Je n’ai plus le temps de former quelqu’un” Il s’est alors tu, et a continué de travailler. Nous avons alors communié pendant des heures et des heures de silence. Il n’avait plus rien à dire et je n’avais rien à dire. Et chaque jour que Dieu faisait, je revenais me poster derrière lui, et je l’observais.”

1966 : Koko décide de se lancer. A son oncle qui l’engage à passer le concours de police, il rétorque qu’il a déjà trouvé sa route : il lui emprunte un des murs en caillebotte de sa concession, et ouvre son premier atelier. Pour apprendre à “manier le pinceau”, reproduction des oeuvres des grands peintres (Van Gogh, Picasso, etc.).

Durant des années, Koko utilisera les revenus que lui apporte la publicité pour investir dans ses recherches picturales personnelles. Il débute sa peinture un jour de foire, sur laquelle il se promène avec 45 francs en poche. A l’achat de quelques beignets, il préfèrera celui d’un pot de peinture noire en solde, qu’il rentabilisera 6 mois durant en multipliant les dessins.

Le véritable déclic qui lui fait trouver sa voie en peinture se produit lorsqu’il se prend de reproduire un portrait photographique de son oncle en peinture. Lorsque sa tante voit son travail, elle lui déclare “Votre art, ce n’est pas la reproduction de quelqu’un” “Votre art n’est pas de reproduire les choses comme Dieu les a faites”. “Cette phrase m’a hanté pendant au moins 6 mois. J’ai pris ma reproduction et je l’ai déchirée. J’ai repensé aux mystères, aux danses, aux symboles, à l’imaginaire de mon village, aux discours de ma grand-mère, et j’ai compris. Il ne s’agissait pas de faire de l’art comme les blancs, mais de réaliser quelque chose d’autre, quelque chose qui n’est forcément ressemblant avec quelqu’un, qui n’est pas tellement beau, mais qui invite à la méditation. Ma théorie de la diversion optique était née.”

Durant des années, Koko travaille sur les thèmes de la musique, de la danse, de la prostitution, de la misère, du monde de la nuit et des masques. Il représente l’homme dans sa condition, avec ses interrogations et ses espoirs.

J’ai peint plus d’un millier de masques. C’est en les reproduisant et en les déstructurant que j’ai trouvé ma peinture. J’ai basé mon art sur un fondement solide. La diversion optique est passée par le langage des masques, découvert lors du retour au village et approfondit par des recherches sur les différentes cultures africaines.

Il milite toute sa vie pour la sensibilisation à l’art des artistes, des tenants du pouvoir et du peuple. Il participe à plus de 500 émissions radiophoniques, près de 100 émissions télévisées et plus de 500 interviews dans la presse.

1968 : lauréat du concours de dessin “Biscuits Belin”.

1968-1969 : Koko Komégné occupe un poste de garçon de chambre sur un petit navire qui longe la côte d’Afrique centrale, un petit métier qui ne prend que 10 min par jour le temps de faire les lits et qui lui laisse tout loisir de peindre, sans pour autant se plonger dans les représentations naturalistes. “Je peins plus volontiers avec les yeux fermés qu’avec les yeux ouverts”.

1971 : 1ère participation à une exposition collective, organisée par l’Association Française pour la Formation des Cadres au Collège de La Salle à Douala.

1972-1986 : A côté de la maison familiale s’ouvre un bar, où vient jouer régulièrement un orchestre. Koko intègre différents groupes, en tant que batteur, puis, remarqué pour sa voix, il devient chanteur, pour le groupe “Black Power” notamment. Musique la nuit et peinture le jour l’occupent durant une quinzaine d’années, jusqu’à la décision de se concentrer plus intensément à la peinture. Koko quitte la chaude ambiance de la ville pour se retirer dans un quartier populaire plus calme où il se marie pour la 1ère fois à l’âge de 40 ans.

1972 : Après avoir longtemps signé “Komégné Gaston”, “Koko Décor”, “Gaston Komé”, Koko décide d’adopter un nom d’artiste qui puisse affirmer sa personnalité africaine, être aussi bien camerounais, congolais, sud-africain ou noir américain. Il tire les 2 premières lettres du nom de son père (Kouamo) et son propre nom (Komégné) et devient Koko.

1974 : Koko assure la décoration du film Pousse Pousse, réalisé par Daniel Kamga, 1er long-métrage camerounais.

1976 : 1ère exposition personnelle au Quartier Latin, club-restaurant de Douala où se retrouvent les camerounais fraîchement revenus de Paris

1979 : participation au 1er concours Bastos, société de tabac engagée dans le mécénat qui initie le 1er concours de la jeune peinture camerounaise.Koko fonde le Cercle Maduta (“images” en langue douala), première association d’artistes plasticiens au Cameroun. Elle regroupe André Kanganyam dit Viking, Jean-Guy Atakoua et Samuel Abélé et sera active jusqu’en 1983, date à laquelle Koko décide de former le CAPLIT.

1980 : exposition (I) Menuiserie ETD ; MUCAM Meubles, Douala. Koko a l’idée, devant l’absence de galerie dans la ville, de présenter ses oeuvres dans des magasins de meubles, qui présentent l’avantage d’un important espace et d’une durée d’exposition illimitée.

1981 : 1ère rétrospective (1976-1982) au Centre Culturel Américain de Yaoundé, présentée ensuite au Centre Culturel Français de Yaoundé en 1982. Exposition (I) au café “Le Bosquet”, célèbre cabaret de Douala. Dans ses choix d’espace d’exposition, Koko tente “d’amener l’art vers les gens”.

1982 : Exposition Le Surréalisme, par le Cercle Maduta au Centre Culturel Français de Douala ; In Memorium(C), Maison du Parti, Douala. 10e Anniversaire de la République Unie du Cameroun et 16e Fêtes Nationales de la Jeunesse (C), Salle des Fêtes d’Akwa, Douala.

1983 : Membre fondateur du Cercle des Artistes Plasticiens du Littoral (CAPLIT), élu conseiller artistique. Exposition CAPLIT (C), Centre Culturel Camerounais ; Amitiés sans frontières (C), exposition organisée contre l’Apartheid par le Club Unesco, Lycée Joss, Douala ; Salon BIAO, Goethe Institut, Yaoundé.

1984 : Koko est lauréat de la 7e édition du concours Bastos, avec sa toile Pour le malheur et pour le pire, premier tableau non-réaliste qui remporte le concours ; exposition Transcendance (I), Centre Culturel Français de Douala.

1985 : Semaine de l’Amitié France-Cameroun, Centre Culturel Camerounais, Douala. Décoration du Black et White, boîte de nuit de Limbe, par une fresque en noir et blanc et de l’Hôtel Arcade, Douala, avec des fresques, tableaux et sculptures.

1986 : exposition (I) 20 ans de peinture organisée par le CCF de Douala à l’Hôtel Méridien. Concours d’affiches du festival Jazz sous les Manguiers, Goethe Institut, Yaoundé. Décoration du mur de scène du Cabaret le Vieux Négre, Douala.

1987 : exposition Plénitude (I) : inauguration de la Galerie de l’Estuaire avec les oeuvres de Koko Komégné. Premier passage télévisé dans une chaîne étrangère. Exposition Regards pluriels (C) à la Galerie de l’Estuaire ; exposition Jazz on the Rock’s (I), au Mountain Hotel de et au Centre Culturel Français, Buéa; Koko est invité à décorer le bar du Mountain Hôtel lors de son passage. Finaliste du concours d’affiches RFI avec exposition en France et dans plusieurs capitales africaines. Décoration du Centre Universitaire de Dschang, commande d’Etat obtenue grâce à l’intermédiaire d’un cabinet d’architecte.

1988 : Exposition à l’occasion des journées portes-ouvertes de l’entreprise Strafor (I), Douala et Yaoundé simultanément ; Festival des Arts et de la Culture, 1ère édition (C). Poussé par sa famille à assurer une descendance, Koko, qui a ne s’est jusqu’alors consacré qu’à l’art, se marie.

1989 : Exposition Lassitude (I), à la La Tête de l’Art, restaurant de Douala offrant aux artistes un espace d’exposition ; Symphonie (I), Centre Culturel Français et Hôtel Arcade, Douala. L’Hôtel Hilton de Yaoundé choisit de décorer ses chambres avec des reproductions (lithographiques) des oeuvres de Koko.

1990 : Mod’Art (C), Maison du Parti, Douala; exposition Quintessence (I), aquarelles et gouaches, au Centre Culturel Français de Douala. Second mariage avec une femme de son village natal, qui lui donnera une fille. Après leur séparation, troisième mariage dont seront issus 4 enfants.

1992 : Le directeur du Centre Climatique de Dschang décore son établissement avec des oeuvres de Koko achetée à Douala. Exposition Spiritual Evolution (I), Centre Culturel Français de Douala. “C’est une démarche intellectuelle qui dure depuis 26 ans. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles je me considère un peu comme un musicien de jazz qui joue du saxo devant les rochers. Qui ne s’arrête pas pour attendre le public” (in Challenge Nouveau n°5, 09/11/1992). Art Venture, atelier de création plastique assistée par ordinateur, Doual’Art. Musiki, un triptyque de 4,50m sur 1,50m en plexiglas est installé Place de Dakar, Douala.

1993 : Exposition Lassitude (I), Galerie de l’Estuaire, Douala ; Peinture en direct (I), Hôtel Sawa, Douala ; Fluctuations (I), Graphics Système, Douala ; Variations plastiques (I), Immeuble Socar, Douala ; L’art au maximum (I), Hôtel Sawa, Douala et Hôtel Hilton, Yaoundé ; direction artistique de Doual’Art Pop’93 (C), atelier de création sur palissades de chantier au quartier Madagascar regroupant 25 artistes, Douala ; Cadavres exquis (C), Stade Mbappé Leppé, Douala ; membre du comité d’organisation du Festival National des Arts et de la Culture. Koko réalise la fresque du mur de scène et plusieurs tableaux pour le cabaret Phaco Club International, Douala et décore un mur du Restaurant Parfait Garden, Douala. Le bruit du silence, film réalisé par Thierry Cornier, production CCF Douala.

1994 : Exposition Fluctuations (I), Goethe Institut, Yaoundé ; Convergences plastiques (C), Centre Culturel Français de Douala ; Kwanza Holiday Black Expo (C), New-York, Etats-Unis. Réalisation de 2 fresques et de 5 tableaux pour la salle de réception du Central Hôtel, Yaoundé. Le travail de Koko est présenté dans de la Revue Noire, à l’occasion du n°13 consacré au Cameroun. Membre fondateur, à la demande des jeunes artistes, de l’association culturelle Kheops Club, qui regroupera une dizaine d’artistes. Kheops : construction pharaonique en symbole à la tache immense pour faire reconnaître la place de la peinture au Cameroun.

1995 : Koko présente la nouvelle génération des plasticiens de Douala (Joël Mpah Dooh, Blaise Bang, Salifou Lindou, Hervé Youmbi, Hervé Yamguen) à la galerie Mam, Douala lors de l’exposition collective “Tele Miso”, qui signifie, en langue douala, “Ouvrez les yeux !”. Exposition (C) à l’Ottakringer Museum, Autriche ; Afrique (C), Strasbourg, France. Direction artistique de l’atelier UPEMBA, association dédiée à la promotion de l’art. Dans l’idée de faire décorer ses hôtels du continent par des artistes africains, l’Hôtel Méridien, Douala passe commande à Koko. Il réalise 11 fresques, qui seront détruites quelques années plus tard suite à un changement de direction sans en informer l’artiste…

1996 : Exposition Pulsations (I), Espace Doual’Art ; Coup de coeur pour Plastic Connexion (C), Espace Doual’Art ; Sommet OUA (C), organisé par la Galerie Mam à l’Hôtel Hilton, Yaoundé.

1997 : Le Kwatt, atelier de création organisé par Doual’Art au quartier Makepe Petit-Pays à Douala ; expositons à Makepe et à l’Espace Doual’Art. Le travail de Koko est longuement présenté dans le film Loobhy, de G. Fontana, S. Njami et P.M. Tayou tourné au Cameroun fin 1997 et diffusé en septembre 1998 sur la chaîne franco-allemande Arte.Koko participe à un atelier international de création à Abidjan, Daro Daro. Il défraye la chronique et fait la une des médias, après avoir, à l’issue d’une soirée de discussion animée sur l’art, brûlé une de ses sculptures, affirmant que l’art n’est rien, une action hautement symbolique dans l’imaginaire de tout africain, car renvoyant à la notion de sacrifice. Pour Koko, faire de l’art pour devenir riche est inenvisageable, l’art allant au-delà de la matérialité, l’artiste étant dans une quête permanente de spiritualité. En octobre, Koko est victime d’un accident de la circulation ; il restera hospitalisé 4 mois.

1998 : exposition de sculptures à l’Espace Doual’Art : Quand saignent les masques (I) ; rencontre Entr’Artistes, atelier animé par Mariela Borello à l’Espace Doual’Art.

1999 : exposition Au-delà de l’image (C), Hôtel Parfait Garden, Douala.

2000 : Koko doit quitter son atelier de Bonadibong qu’il occupe depuis 22 ans. Débutent alors 4 années dans le quartier CCC où un cousin lui offre logis, loin de l’agitation qui a toujours entouré l’in..noctambule. Expositon Fragments (I), Goethe Institut, Yaoundé.

2001 : Koko est commissaire de l’exposition “Yann & Co” à l’atelier Viking, transformé pour l’occasion en espace d’exposition, qui présente toute la génération d’artistes plasticiens active à Douala. En découle une exposition collective à Paris organisé par son ami français Yann Quennec “Cameroon Connexion” (2003).Créateur et coordinateur de l’Atelier Squatt’art (C), quartier Bali, Douala : lieu inhabité, transformé en espace de création, qui regroupe 22 artistes : 1 semaine d’atelier / 1 semaine d’exposition offerte au public ; Sept des cents derniers jours du millénaire (C), Espace Doual’Art.

2002 : Expositon Sweet again (I), atelier Viking, Douala, dont le titre choisi par l’artiste marque sa reprise d’activité face à la critique qui le juge dépassé ; Squatt’art II (C), quartier Deïdo, Douala, avec 42 artistes. Réalisation de fresques pour le nouveau siège des assurances La Citoyenne, Douala.

2003 : Cameroon Connexion (C), galerie Pravda, Paris, France. L’Hôtel Sofitel Mont Fébé, Yaoundé fait placer 9O reproductions (lithographies) d’un tableau de Koko dans chacune des 90 chambres. Membre fondateur de la SOCADAP, Société des droits d’auteurs en Arts plastiques.

2004 : Art dans la rue, Exposition Koko+1 (I) à l’occasion de l’inauguration de la galerie Keuko, Douala ; The Last Pictures Show (C), Cercle municipal, Douala. Lauréat du prix “Artiste de l’année”, Barbecue Xpo, Douala.

2005 : 1ère édition de la Biennale d’art DUTA : hommage à Koko Komégné, Douala ; Art Convention (C), inauguration de la galerie BC Arts, Douala ; The Last Pictures Show II (C), Cercle municipal, Douala, Impulsions (C), Djenga Palace, Yaoundé, avec les jeunes artistes qu’il a formé. Koko décore de 12 tableaux le Jet Hôtel, Douala.

2006 : 40 ans de peinture à l’Espace doual’art.

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SERGE EBALA
28 mai 2009, 11:15
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VENDEUSES DE POMMES

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NATURE PAS SI MORTE QUE CA

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GRAND PRIX LEOPOLD SEDAR SENGHOR POUR LE POETE FERNANDO D’ALMEIDA
3 décembre 2008, 12:40
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Le ‘Grand Prix de poésie Léopold Sédar Senghor’ de la Maison africaine de la poésie internationale (Mapi) a été décerné au poète camerounais Fernando D’Almeida, a appris l’Aps de source informée.

Selon un communiqué de la 6e édition des Rencontres poétiques internationales de Dakar, ce prix lui a été remis samedi par l’Académicien Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar, lors de la cérémonie de clôture de la manifestation.

Organisée par la Maison africaine de la poésie internationale (Mapi), la 6e édition des Rencontres poétiques internationales de Dakar s’est ouverte le 24 novembre dernier.

‘Éminent universitaire et critique littéraire’, Fernando D’Almeida a publié plus d’une dizaine de recueils de poésie. ‘Depuis 38 ans, j’écris et voici que c’est à Dakar, au pays de Senghor, ce pays si cher à l’Afrique et si respecté pour son rayonnement littéraire et intellectuel, que ma carrière vient d’être consacrée par ce Grand Prix de Poésie qui porte le nom d’un homme admiré et aimé’, a réagi le lauréat, cité par le communiqué.

Le poète et parolier sénégalais Birame Ndeck Ndiaye a remporté l’édition 2008 du Prix de la Poésie de la MAPI, qui lui a été remis au cours de la cérémonie d’ouverture de la 6e édition des Rencontres poétiques internationales. Accompagné d’une enveloppe financière dont le montant n’a pas été révélé, ce prix lui a été remis par Serigne Diop, ministre d’Etat auprès du président de la République.

Auteur-compositeur, Birame Ndeck Ndiaye a publié cette année, un recueil de poèmes intitulé Dekkil Taalif, mis en Cd et Vidéo. Il a écrit les paroles de nombreuses chansons pour des artistes sénégalais dont Youssou Ndour. La 6e édition des Rencontres poétiques internationales de Dakar ‘était également l’occasion de célébrer les 10 ans d’existence de la MAPI dont la mission exclusive est la défense, la promotion, la diffusion et le rayonnement de la poésie en Afrique et dans le monde’, selon le communiqué.

(Aps)

source : http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&id_art=51300



L’ART VIT DE CONTRAINTES Par Pabé Mongo
12 octobre 2008, 12:47
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Nous n’aurons pas de cesse qu’après avoir vu naître, des cendres de sa gloire d’antan, une nouvelle littérature camerounaise, brillante comme une étoile, enracinée dans le grand triangle, mais toisant les frontons du monde. Nous cherchons avidement, au travers de toutes les productions venantes, les indices, les prémisses et les promesses du nouvel art. Notre préface ne sera donc point parole d’escorte flatteuse, ni de complaisance, ni de connivence, ni d’adoubement, elle sera uniquement vigile de la Nolica.

 

Les rues de la mémoire d’Anne Cillon Perri sont pavoisées de poésie. Le lecteur y passe à travers des guirlandes de mots, des parterres fleuris, des haies frémissantes. Poèmes-anamnèses et analgésiques invitant au voyage dans les décombres de l’existence humaine. Poèmes phalliques, coïtant le monde gangrené et béant afin de le « guérir ». Le poète se saisit de la complexité et de l’incohérence de la nature humaine prise en sandwich dans l’oscillation manichéenne. Il « vocifère sa faim bleue comme un enfant ». Poète de la liberté, Anne Cillon regrette de n’être pas né oiseau. Poète de la nature, il exalte la mer et la brise fraîche qui vient énergiser et catharsiser de l’écorchure conne et infernale. Plus que poète, Anne Cillon Perri est possédé par la poésie comme les autres sont possédés par des esprits divers. La poésie le transporte dans l’extase de l’essence des choses :

« Une étrange luminosité / M’ouvre des perspectives effroyables / Le monde m’apparaît dans sa vérité primaire / La vie s’exfolie comme un syllabaire /…/ Et voici soudain entre mes mains la clé de l’énigme / De l’enchevêtrement alambiqué de ce vieux monde / Rien de ce qui est caché ne m’est inconnu »

 

Ivre de connaissance le poète aspire alors à devenir Dieu lui-même : « Je voudrais être Dieu ».

Il y a donc poésie totale dans ce recueil, qui puise à la fois dans la folie de la liberté et dans la liberté de la folie. Mais par-dessus ces arabesques somme toute communes, nous en retenons deux traits rassurants pour demain : le souci du travail formel et la thématique étendue. Sous prétexte de liberté, les poètes du tout venant se vouent à l’anarchie et à la médiocrité. Ils se croient dispensés de toute règle et de toute contrainte. Ils seront étonnés d’apprendre avec Anne Cillon Perri que l’art vit de contrainte et meurt de liberté. Un vrai auteur ne s’affranchit des règles anciennes que pour se donner de nouvelles, souvent plus contraignantes que les premières, et plus artistiquement productives. Anne Cillon Perri accepte la grandeur et la servitude de l’orfèvre. Et il butine à toutes les écoles : Le vers libre, la rime, les poèmes à formes fixes qu’il revisite, etc. au point de faire du travail artistique l’objet même du poème :

« Des syllabes magiques / Aux arcanes du poème / Se font des caresses luxurieuses / Dans les draps d’un antisonnet / Une strophe lunatique / Recherche de nouvelles espérances / Elle s’organise à l’envers / Des vieilles conventions / Comme un chant de sédition / Un vers libre et ensorcelant / Sous les yeux phosphorescents / D’une plume enchantée / Se dépouille du surcroît de ses haillons / Rime mesure et toutes les ordures s’abolissent »

 

Dans le forgeage du vers, il est passé maître dans l’allitération suggestive : « Tu as mis mon ombre au nombre des décombres / Qui encombrent ton arrière-cour princière », et aussi : «  J’ai brûlé au whisky mon âme conquise aux cerises grises des banquises », ou encore « Les veines plaines de vaines peine », « Où j’apprends de la mer la grammaire / Où la mer a la saveur mammaire dont ma mère m’a sevré ».

 

            Même s’il ne peut encore la traiter toute dans un seul recueil (qui le peut ?) la juste vision de l’immensité de la gravité et de la diversité thématique qui attend le poète, ainsi que son engagement têtu pour l’amour et la fraternité en dépit des situations de désespoir qui nous entourent, suffit à saluer la perspicacité et la téléologie qui nous sauveront de la cécité, de la couardise et de la monotonie thématique ambiantes :

« Afrique mon cri dans le désert /  Quand les matins seront durs comme des pierres / Dans la carrière de mon cœur /  (…) Quand le jour sera une nuit sans étoiles / (…)Quand la paix s’en ira toujours au galop sur le gâchis des potentats / (…) Quand la vie sera comme la soupe à la ciguë qui sera / Mon seul breuvage / (…) Quand nos abbés gagneront les prisons pour viol / (…) Préserve-moi de la chute / (…) Je voudrais du haut de mes rêves hurler au monde mon laïus d’amour / Je voudrais dire à l’homme-mon- frère-éternel / Quelles beautés fleurissent dans mon âme / Je voudrais avec le monde marcher la main dans la main / Jusqu’à l’orgasme de la paix. »

 

            Mais la poésie, on le sait, rend fou celui qu’elle veut perdre. Le parti pris d’une certaine poésie lamentative comporte des pièges. Comme les chants les plus tristes sont souvent les plus beaux, le poète est tenté d’attrister la réalité plus que de raison pour mieux la complaindre : « Mon Dieu / Où est donc le camerounais / Cette nuit / Je pense à ce que quarante ans d’histoire / Peuvent créer comme schismes au sein d’un peuple / Ni paix / Ni travail / Ni patrie / Ni simplement la vie ».

Une mauvaise foi, poétiquement rentable, dans laquelle le Cameroun se retrouve étrangement dans un chaos apocalyptique semblable à ceux de la Côte-d’Ivoire ou de la palestine.

 

 

Pabé MONGO



RETOUR AU PAYS NATAL POUR BENOIT KONGBO
3 octobre 2008, 9:44
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“Les départs, même les plus souhaités, ont leur mélancolie”. La citation n’est peut-être pas très fidèle, ni même très à propos, car son départ n’était vraiment pas souhaité. Mais, elle conserve toute sa charge de chagrin. Après un peu plus de trois mois de résidence à l’Assoumière, Benoît Kongbo, le plus célèbre des écrivains centrafricains encore vivants est rentré dans son pays très tôt ce matin. Il était alors six heures. Il est rentré par le même itinéraire que lorsqu’il est arrivé : en passant par Bertoua. Il arrivera à Bangui où il retrouvera sa charmante fiancée Bertille et son petit garçon Benito dans deux jours. Son roman quant à lui paraîtra peut-être aux enseignes de la NOLICA à Yaoundé. Il s’intitulera : “C’est si triste de ne pouvoir te haïr”.