Classé dans : DU HAUT DE L'HELICON
Et puis il a fallu partir
Perdre mon ancrage
Au sol solide du terroir
Traverser l’énorme rature
Du dernier cordon policier
Et plus haut que les oiseaux
Plus haut que les nuages
S’envoler dans la nuit profonde
Yaoundé
Douala
Tamanrasset
Musiques arabes
Et au petit matin
Aéroport Mohamed V
Cordon policier
Et l’attente
Toute une journée
A poireauter là
A lécher les vitrines de l’espoir
A tourner
et retourner
des
araberies
Vendues à prix d’or
Aux doux benêts de passage
Soudain
Au crépuscule du soir
La Méditerranée
Le ciel d’Espagne
Un petit somme pour tuer le temps
Et Bordeaux qui fait le gros dos
Dans la nuit lumineuse de France
Cordon policier
Et
le
soleil
des
retrouvailles
dans
la
neige
et
la
grisaille
L’assonance renouvelée d’une amitié rupestre
Et sur les routes de
France fouettées de vents froids
D’étranges geysers
Multiplient les codes de l’amitié
Cependant qu’une irrésistible nuit
Caresse les marais salants
De la campagne oléronaise
Qui me salue comme les sorciers d’Afrique
Whisky
Café
Cacahuètes
Et le lendemain
Champagne
Huîtres
Crevettes
Crabes
Escargots
Et le soleil du sourire de Claude
Et Simon revenu de la caserne des pompiers
Et Jolan sur son ordinateur
Et un fin crachin toute la journée
Et le vent glacial du large
Je te salue
Pays de Marennes Oléron
Je te salue comme en Afrique on salue les vieux potes
Je te salue dans la déroute du dépaysement
Du haut du fort de Brouage
Où je pense à mon Afrique dans la poussière
Et toi Saint Pierre
Que dans l’ivresse de l’homonymie
Je garderai longtemps comme un doux secret
Et Grand Village où sur la grève grenelée
J’ai laissé mon cœur
Pour marquer mon passage
J’emporte les galets de Saint Trojan
Pour plaider en faveur des prochaines amours
Heureusement
Le jour émerge du songe solennel
Où ma douloureuse traversée
S’achète comme une espérance rebelle
Que dire de toi
Nieulle sur Seudre
Où les assises plénières du village
Arpentent d’anciennes marches de l’instant
Et ruminent en-dedans
Tout l’espoir d’une jeunesse attentive
Je t’offre en images affriquées
Mon Afrique multiple et délabrée
Où les trafics d’anciens négriers
Ont écrit des pages sauvages
Sous l’œil complaisant des photographes
Et des curés
Je t’offre des filles fangs du Gabon
Des filles de Kaolack et de Nouakchott
Quelques mômes de Mombassa
Des princesses nues du lac Kivu
Qui leurs bustes généreux
Montrent en signe de capitulation
Je te salue en passant
Ville de Marennes
Quand je reviendrai de La Rochelle
Je me ferai le devoir de te revoir
J’irai à l’endroit exact
Où la Seudre cligne de l’œil
En ruminant la rumeur de la Cayenne
Et te dirai au creux de l’oreille
Mon Afrique dans la merde et la mort
Et que j’aime
Il mouille
A présent près de la plage
Je retourne patoiser avec les mimosas
Qui seuls comprennent le verlan des baignassouts
Il y a dans le bistrot d’en face
Un blanc qui double son café
Pour
le
prix
de
dix
kilos
sur
les
marchés
d’Afrique
Au rond-point d’un carrefour tréflé
Un sarment fait serment pour le prochain été
De donner du pineau en pagaille
Tandis qu’une rombière
Passe en se donnant des grands airs
Elle traîne en laisse un beau chien de race
Sans se douter de l’extrême parenté
Qui nous lie
Et nous angoisse encore plus
Par cela même
Le temps s’attarde tant
Tout près du rêve de Paul Coban
Que débordant d’éternité
La boutique de poésie
Calligraphie en alexandrins sublimes
L’impasse du docteur Delteil
Il y a ici
Toute une vie à remailler
Loin des batailles de la racaille
Et de la rocaille des chemins
C’est vrai Paul
La poésie n’est pas faite pour la canaille
Ni la pagaille néolibérale d’ailleurs
Tout près du marais aux oiseaux
Les chevaux profanent
La beauté de l’éphémère
Et vocifèrent des banalités du canton
Tandis que les mouettes tiennent conseil
Dans l’extase du soleil retrouvé
Le dos tourné vers le dernier hivernage
Toute la campagne ostréicole du Château
Multiplie des jurons en patois local
Et moi
Pliant genou sur l’hilarité de la rue
Je ramasse du songe reconverti
En menue monnaie d’espoir
Et ressasse aux mouettes muettes de passage
L’éternité d’une nostalgie
Se frayant chemin
Dans la banalité du perpétuel
Où j’achète tout de même un briquet
Au Bois de la Martière
Le Cameroun qui persiste en moi
S’exclame en boulou
S’il fait beau temps demain
Nous irons pique-niquer à la Cotinière
A l’endroit précis où
L’océan reprend à son compte
La peur de l’étrange
Ou peut-être de l’étranger
Et cède à l’injure devant tant d’anxiété
Il y a du côté de Boyardville
Un site que je ne verrai jamais
Que si je revenais à Oléron
Et c’est pareil pour Saint Georges
Et Saint Denis
Et Chassiron
Où près de l’océan et les fantômes
De tous ceux qui ont péri en mer
Le phare m’attend en fanfare
Médusée comme jamais auparavant
La mer reprend les rênes de sa destinée
Et s’agrippe au mors du vent
Pour aller sans portulan ni boussole
Sur les côtes américaines
Lever gabelle
Ô rêves justes s’ajustant à la Rue de la Justice
Me voici à Saint Pierre
A une enseigne oubliée
Où je fais le décompte de mes faillites
Et pourtant
Depuis que j’ai traversé le pont bleu
Le ciel se mire dans mes yeux
Et s’exclame en silence
Pour ne pas déranger les chevreuils
Sans arrogance ni extravagance
La ville écrit en majuscules
Toutes les lettres du mot beau
Et s’offre à ma soif de saveurs d’ailleurs
Empêtré dans l’ivresse du dépaysement
A la margelle d’un jour qui tire sa révérence
Le soleil fait la nique à l’hivernage finissant
Il y a du côté de Saint-Just-Luzac
Un homme que je n’oublierai jamais
Il parle d’une voix grave
Et chuchote en fumant des choses chouettes
A son vieux chien qui perd des poils
Un futur abrupt déjà dessine le retour
La nuit écrit en lettres majuscules
Le dernier couplet de la chanson pour Oléron
L’île me subjugue comme une femme aimée

SOUS LA BOUTIQUE DE POESIE DE PAUL COBAN
Classé dans : DU HAUT DE L'HELICON | Mots-clefs: désenchantements quotidiens, inhibitions, jeunes écrivains, littérature centrafricaine, morales républicaines, poésie centrafricaine
La poésie centrafricaine d’obédience contemporaine vient de s’enrichir d’un nouveau livre : Dans le buisson de l’espoir. Cinq poètes donnent à méditer leurs névroses ici.
Il s’agit dans l’ensemble des poèmes à surcharge lyrique et à haute teneur patriotique. Si le système imaginaire n’est pas des plus étonnants, il reste tout de même cette puissance dans le jet verbal qui, chez Romain BALLY-KENGUET SOKPE, allie à toute la violence des musiques urbaines d’aujourd’hui un rien d’éloquence. Il y a aussi cette révolte permanente mâtinée d’érotisme qui, chez Jeanne de Chantal WODOBODE, constitue la grammaire d’une écriture poétique traversée par une exigence de justice et de démocratie. Il y a en outre le pédagogisme d’Honoré DOUBA pour qui le poète est avant tout un donneur de leçons ou n’est pas. Il y a enfin l’écriture bourgeoise de Georgette Florence DEBALLE qui s’exerce suivant une liturgie de la simplicité centrée sur les drames familiaux et les désenchantements quotidiens. Ce livre est un moment majeur de la littérature centrafricaine.
Note infrapaginale
Les poètes ici rassemblés en guirlande, sous l’œil pétulant de fratrie du scribe camerounais Anne Cillon Perri (anagramme de Pierre Collin NNA), sont tous de jeunes écrivains versifiant le réel dans la méta-discursivité d’un langage plurivoque. Ils écrivent à l’abri des inhibitions dogmatiques et des sémantisations totalitaires. Ils écrivent à l’insu des morales républicaines et cléricales. En cela, ils se constituent dans l’Ouvert rilkéen et ne se conçoivent autrement que gouvernés par la lucidité du rêve, dans un espace actantiel où s’énoncent et s’émeuvent tous les possibles de la vie vivante.
Dans ce livre où s’écument densément les mots de la tribu, l’appréhension de soi et du monde environnant indique à souhait que les poésies en ce lieu comprises s’élaborent dans la gravité d’un vécu enserré dans la démesure de l’anodin, conforme à l’exubérance d’une vie mouvante que chaque poète hélé, fait prévaloir dans le cliquetis des métaphores souvent heureuses. Dans cette direction, la passion surfaite extirpe le créateur de toute dérobade avouée. On en vient à comprendre aisément que chaque poète convoqué ausculte le réel, tout en parvenant à se saisir dans son ipséité truculente et turbulente.
Conséquemment, il y a lieu, me semble-t-il, d’aller vers les géologies souveraines de ces poésies habitées de songes et qui songent à s’appartenir, sur le mode enjoué d’une vie lourdement prosaïque pour qu’elle nous reçoive depuis son bord primesautier.
Cette mise en gerbe poétique se veut un regard subjectif, un regard d’aplomb porté sur un moment de la poésie scripturaire centrafricaine en quête de ses signifiants les plus significatifs. Elle permet de se faire une idée introductive des préoccupations des poètes qu’il agglomère, telles qu’elles se dessinent au travers des choses et des destinées humaines. C’est un acte littéraire de la plus sereine exigence et dont l’ancrage à des valeurs d’auto-référentialité, présuppose une vie qui s’exerce dans la polyphonie.
Ainsi, les propositions poétiques explicitement retenues dans ces pages pailletées de lyrisme narratif, sont de celles qui régénèrent l’ordre humain auquel s’ajuste le rêve de tout poète authentique, c’est-à-dire, agissant en lui-même, par-delà les métamorphoses de l’imaginaire. L’évidence saute aux yeux : les poètes de ce livre sont perméables à des préoccupations endogènes, médiatisées par un langage à part, aux portes du merveilleux tellurique, dans la conscience de l’essentiellement militant.
Lecteur peu suspect d’indulgence, Anne Cillon Perri s’est approché de leurs textes pour nous les faire aimer, en nous les faisant parvenir à distance intellectuelle, sous l’aile de la générosité.
La mise en grappe de ces graphies équatoriales inaugure une démarche emblématique fondée sur la prise en compte de ce qui résonne non loin de nous et dont les thématisations nous sollicitent de manière instante. Dans ce sens, l’admirable passeur Anne Cillon Perri butine intelligemment dans une poésie dont les contours, les angles et les reliefs essentiels donnent lumière à ce qui émerge d’un lieu dont l’ubac nous est bien connu, puisqu’il est le lieu de l’homme.
Que cette poésie soit lue, captée comme il convient qu’elle soit lue et captée : dans la connivence d’une entente transférentielle.
Je remercie bantouisement Anne Cillon Perri de m’avoir, depuis l’estuaire du Wouri, permis de dire, à la fin ce livre, le contraire de ce qui se trame en ces poésies de dé-voilement et de mystère. Il fallait bien, certain jour, « trahir » cette poussée que travaillent les accents lyriques de ces poètes centrafricains qu’indubitablement vous aimerez.
Dr Fernando d’ALMEIDA
(Université de Douala)
Douala, Cité de Bonamoussadi
(La Roseraie du Goyavier)
Vingt septembre 2008
Classé dans : DU HAUT DE L'HELICON
Ce livre, le premier du genre en terre de Centrafrique, pose un regard admiratif sur la poésie écrite en français dans ce pays. Il regroupe cinq poètes : Georgette Florence DEBALLE, Romain BALLY KENGUE SOKPE, Jeanne de Chantal WODOBODE, Honoré DOUBA et Grégoire GRENGBALE MBINDO.
A l’embouchure du fleuve
Où tu parlais beaucoup
De nous et la Lobé
Au point de m’agacer
Tu t’égosillais
Un peu plus que la mer
Plus que la plage
Et même plus que le vent
Qui tenait ta chevelure en laisse
Et criait la détresse de ta liesse
J’ai gardé dans la bouche
Le sel de tes aisselles
Et celui de la mer
Où tu montrais ton sexe sans cesse
Et parlais beaucoup
De nous et la Lobé
Comme si le jour était interminable
C’est si triste de ne pouvoir te haïr
Ni oublier
Les navires en partance
Qui emportaient
De tes yeux le parfum
Et ton sexe essentiel et sans ciel et sans seuil
A chaque rivage de ton aine
C’est vraiment triste de ne pouvoir te haïr
Marie Claire Toua Ewodo travaille actuellement au ministère de la santé publique au Cameroun et termine une formation de réalisatrice au CFPA de Yaoundé. Son oeuvre poétique est auréolée du prix panafricain Antoine François Assoumou gagné en novembre 1994 avec un poème intitulé être femme. Dans le discours qu’elle a prononcé à cette occasion, elle a dit :
«Depuis que j’ai fait de la poésie une manière d’être femme, une obsession m’habite : celle de soumettre le monde à la douce discipline de l’amour et de la fraternité. Pour l’artiste que je suis et que je voudrais rester toute ma vie, c’est une question de vie ou de mort. Voilà pourquoi, avec tout le piment de mes entrailles, je célèbre la vie dans ma poésie. En effet, j’écris d’abord pour vivre, ensuite pour mériter de vivre et enfin pour susciter la vie partout où elle se meurt.»
Cet extrait résume de façon très significative l’idéologie qui sous-tend l’œuvre poétique de cette femme dont l’action procède comme le dit encore “de l’obstination tenace à croire à un rêve et de l’entêtement fougueux à vouloir absolument partager mes rêves, même les plus rêves”. Marie-Claire Toua Ewodo développe depuis dix neuf ans son œuvre à côté d’un poète à qui elle est liée par le mariage. Recueil inédit : La vie comme elle va.
ETRE FEMME
Oh!
Etre femme.
S’ouvrir à l’autre
Avec la générosité de la terre.
Offrir son ventre
A la graine d’où germe la vie,
Et tel un oranger,
Donner à l’univers les fruits de son amour.
Tenir entre les mains
Le destin des peuples dont la pédagogie nous échoit.
A la sève de sa mamelle,
Nourrir le fruit anthropoïde de l’arbre primordial.
Eclairer le premier pas de l’homme dans le monde.
Etre Femme, mère et épouse, quelle ivresse!
LA GRASSE MATINEE
La vie chante ce matin
Un chant de sédition
Le même que mes ancêtres bantous
Chantaient à chaque expédition
Toute la ville fait des ablutions
Moi je voudrais rester au lit
Malgré les draps qui m’expulsent
Je voudrais rester dans mes songes
Dans les bras profonds
Du preux qui reviendra demain
Moi je ne voudrais pas me lever
Je voudrais rester dans mes draps
Et le bras absents
De mon alpiniste qui reviendra
QUE SAIS-TU
Tu me plains
Mais que sais-tu du destin
Hormis la mort
Que tu imagines lointaine
Que sais-tu des affres
De la nuit prochaine
Que sais-tu des noces
De la terre et de la vie
Moi je suis sonnée
Comme un sonnet
Malheureux de son propre processus
Mais la profondeur du Léthé
Me guérira de l’été
Si torride des rides
UN POEME POUR GUERIR
Je viens d’écrire un poème
Je me sens si légère
J’ai guéri d’un mal atroce
Un mal qui la gorge me serrait
Je viens d’écrire un poème
Je suis légère et guérie
Du mal qui me brûlait les tripes
Et branlait ma main
Je suis épuisée et heureuse
Comme toutes les fois que mon preux
Rentre de la montagne
Je viens d’écrire un poème
Et vais pouvoir dormir
J’ai la culotte mouillée
Trois aèdes accordent leurs violons
Assis en tailleur
Sur l’amour du beau
Le bled en blazer blême se met
Devant des divinités vaudoues
Une pluie providentielle
Se met à tomber
Un poète d’Abomey découvre la ruralité
En passant en revue
Tous les plats corsés à l’âpre paprika
De l’arrière-pays bantou
Le canari fait le gros dos à la pluie
Cependant que le canard rit aux éclats
Les rhapsodes médusés
Mettent en relief le malentendu du vent
Qui agite tels de simples étendards
De longues feuilles de bananiers
La forêt s’écrit en boulou
En mettant les accents sur des voyelles majuscules
L’éclair passe près d’un mégot équivoque
Tandis que détergé jusqu’aux water-closets
Le village se revêt d’allégresse
Comme une négresse endimanchée
Les goyaviers contents content
L’épopée de l’endurance
Il pleut sur le bled
Trois amis déclament des poèmes
En buvant du café espresso
Préparé fort pour évacuer l’ennui
La nuit déferle sur le village
Comme le sexe arable du rêve
Reviendras-tu à Angongué ô Bruno
Nous convoquerons encore la pluie
Pour patoiser longuement avec Otonsi
Et colporterons à Koumou tous les ragots de la ville
Nous dirons clairement aux arbres
La viviparité d’une amitié sertie de vérité
La tornade nous réjouira
Et nous amènera transhumer l’insu
Aux arcanes d’un poème fétiche
Où chante le rossignol de l’espoir
bbbbbbbbbbbbbb
La nuit recherche l’étymologie
D’un désir écrit en français savant
Dans la prose du silence
Et l’imprécision des songes
Saurons-nous demain
Nous aimer selon les rites du buisson
En vouant aux herbes le respect nécessaire
Qu’impose l’ovaire
Saurons-nous porter haut
La ludicité du manège
En donnant au vent nos gémissements pieux
Saurons-nous sertir la transe d’une âpre raison
Pour fermer les guillemets du plaisir
A l’embouchure de l’aurore
Près des tourbières du soir
Le regard frôle le nombril des filles
Et s’en détourne pour faire
Le décompte des rêves ici escomptés
A partir d’une trêve rapide
S’étourdit la rue
Aux réverbérations
Des voitures de grand luxe
Drôle d’époque que ce siècle
Où tout est marchandise
Et où j’affirme mon inadaptation
En la colportant d’un poème à l’autre
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A présent
Il importe de suivre du regard
La planète que nous habitons mal
Et de songer aux enfants de demain
Il importe d’aviver l’éveil
Afin que les océans restent où ils sont
Et que les neiges du Kilimandjaro
Perdurent au sommet de l’Afrique
Bien sûr
Nul n’est besoin de redire
La prétérition d’un besoin de justice
Inscrite au crédit d’une altervision tenace




