Pic’Art de l’Assoumière


CAFOUILLAGE A L’AMBASSADE
3 décembre 2008, 12:55
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COMMEMORATION DE L'INDEPENDANCE

COMMEMORATION DE L

Invité par l’ambassade de la République de Centrafrique au Cameroun pour prendre part aux manifestations marquant le cinquantième anniversaire de l’indépendance de ce pays, le poète ANNE CILLON PERRI a eu l’honneur de présenter son nouveau livre regroupant cinq poètes centrafricains et intitulé « Dans le buisson de l’espoir » à un public indifférent. Un poème de Jeanne de Chantal WODOBODE intitulé Maman je voudrais savoir a été magnifiquement récité par deux jeunes centrafricaines, élèves en classe de 6è au Collège de l’Unité à Yaoundé. Celles-ci ont été abondamment applaudies et ont arraché des larmes à quelques femmes sensibles.

JEUNES CENTRAFRICAINES RECITANT UN POEME

JEUNES CENTRAFRICAINES RECITANT UN POEME

Les livres ayant été confiés à un agent de l’ambassade, ce dernier a bien voulu, à la fin de la partie protocolaire, remettre les invendus, c’est-à-dire, tous les livres à ANNE CILLON PERRI. Malheureusement, il  a été assailli par une foule hystérique qui croyait que les livres étaient en distribution libre et que l’agent en question refusait de les leur partager. Dans le cafouillage qui a suivi, les jeunes lui ont arraché une bonne quantité de livres et ont disparu rapidement. Le poète a demandé qu’aucune action répressive ne soit engagée contre ces jeunes qui visiblement avaient soif de poésie centrafricaine et ne pouvait pas s’offrir un livre vendu au prix de trois mille francs CFA. La fête était très belle malgré tout. Un musicien en herbe a chanté des airs de Centrafrique sous une pluie de billets de banque offerts par les cadres de la BEAC et autres fonctionnaires centrafricains travaillant dans des organismes internationaux siégeant à Yaoundé.

CHANTEUR CENTRAFRICAIN

CHANTEUR CENTRAFRICAIN

Maman je voudrais savoir

Maman je voudrais savoir

Quelle différence entre l’autre et moi

Quelles fibres me mettent en émoi

D’où vient la faiblesse de l’homme

D’où vient la division

 

Maman je voudrais savoir

Quand sur Gbazabangui

Reviendra le soleil d’antan

L’amour entre mes frères

Rassemblés sous la même bannière

 

Maman je voudrais savoir

Comment croire en mon beau pays

L’aimer de tout mon coeur

Le servir de toutes mes forces

Et partager cette exubérance

 

Maman je voudrais savoir

Comment promouvoir la liberté

Comment de la démocratie

Semer la graine éternelle

Et faire une paix durable prospérer.

Maman je voudrais savoir

Comment bannir la violence dans la cité

Comment construire la concorde

Comment rapprocher mes frères

Pour un jour se tendre la main.

 

 

 



FUMTIM A COUPE LES CHEVEUX
30 septembre 2008, 9:32
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Adieu le rasta. Vive le chargé de la communication de l’IRD.
JO ET MARIE CLAIRE NNA

JO ET MARIE CLAIRE NNA

Joseph Fumtim n’est vraiment plus le même homme. Entre hier et aujourd’hui, un poste lui a coupé les cheveux. Ceux qui ne l’ont connu qu’ en dreadlocks doivent désormais s’habituer à poser un autre regard sur cet élégant cadre qui sera désormais chargé de toute la communication d’une prestigieuse institution. Son espace de compétence comprend le Cameroun, le Gabon, le Congo et l’Angola.

FUMTIM PEU AVANT DE PASSER CHEZ LE COIFFEUR

FUMTIM PEU AVANT DE PASSER CHEZ LE COIFFEUR

Hallucinant destin vraiment que celui de ce fils des hauts plateaux de l’Ouest Cameroun qui a fait le tour de la planète pour prêcher l’évangile du libéralisme dans ses chapitres sur la décentralisation, la bonne gouvernance, le développement durable et les droits de l’homme.
FUMTIM CHEVEUX COURTS

FUMTIM CHEVEUX COURTS

Joseph Fumtim est très connu comme éditeur, journaliste, essayiste, poète, cinéaste et critique littéraire. Il nous séduira encore, c’est certain, comme chargé de la communication au sein de l’IRD. Nous l’aimions avec ses dreadlocks, nous l’aimerons encore en cheveux courts. Bon vent Jo !



Plût au ciel que j’aille encore à Angongué
17 septembre 2008, 12:23
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BENOIT KONGBO A ANGONGUE

BENOIT KONGBO A ANGONGUE

J’ai promis d’accoupler le sango francisé au camfranglais et c’est ça même qui va se gâter dans ces ngongonon (charabia ou écriture illisible). C’est vachement sympathique de poétiser l’abeng (beauté en boulou) de l’autre mais hyper antipathique d’apologiser à tambour battant son abé (laideur). C’est comme produire bruyamment dans la discrétion de la soie un pet qui simel flop (qui sent mauvais) au nez de celui même qui a affirmé la charité bien ordonnée commence par soi-même. Et moi je vous hurle c’est pas des manières ça merde !

Pour commencer disons que je m’appelle Kitoko mais lorsque je pète les plombs je deviens Troukou Traka. Ça dire un gars qui se contrôle plus qui tok comme un perroquet qui débite des conneries à vous donner le vertige. J’ai vingt… est-ce vraiment important de préciser mon âge ? Je vis au cœur de l’Afrique est-ce nécessaire de montrer là là là le nom de mon pays ? Mettez-moi là où vous voulez je vous assure je m’en plaindrai pas. D’ailleurs on m’assimile parfois à un Camer du nord et ça sucre maaal mon cœur de pas être perçu pour un allogène provisoire. Comble de l’ironie ! Un gars dans le roman que j’ai épuisé la moitié de mon séjour à parachever se prénomme Mouftassa. Et Pico qui a trouvé ce nom original m’a look longtemps et a laissé tomber comme un couperet «tu t’appelleras Mouftassa !» J’ai répondu en criant «oui j’attends depuis que tu m’appelles Mouftassa pour que je me fasse appeler Mouftassa !» C’est comme ça sa-ba-saï (de partout) où je traîne mes longs segments on m’interpelle en haoussa et j’acquiesce en secouant vivement la tête sans rien comprendre à l’idiome de ce peuple auquel à ce moment précis j’aurais souhaité appartenir.

Depuis que j’ai acquis la renommée d’écrivain on me retient plus. Je glisse tout le temps ça dire je suis gluant comme y a pas deux et c’est comme ça même on dit en sango pour qualifier le mec qui occupe tous les débats. J’écris comme je respire. Sais pas si c’est moi qui accouche mes livres ou ce sont mes livres qui m’enfantent. Tout ce que je sais c’est quand je me mets à écrire comme je suis en train de faire là c’est tralala terrible comme une rafale de kalachnikov et vous allez voir.

KOO MON RUISSEAU FETICHE

KOO MON RUISSEAU FETICHE

Dimanche huit heures du mat et lango le sommeil a poum (fui) mes paupières de son propre gré. Je n’ai pas bien nang (dormi) et ça me wanda de me réveiller comme ça là sans sommation. J’ai couru hio (vite) au cyber du coin. Pas de fini (nouveaux) mails. J’ai navigué kété (un tout petit peu) sur le blog de l’Assoumière. Tout en haut de la page web ça signale jaune pour insinuer que le crédit va bolè (finir) dans dix minutes. Pas envie de ravitailler mon compte fais chier Kitoko ! Je me suis déconnecté sans crier gare alors que de colère toi le gérant du cyber tu me durcis la face. C’est ça de Gaulle me dit de te dire Troukou Traka t’a compris. Je suis le tout premier client et tu aurais souhaité que je m’éternise en gros gras morceau de viande dans ton gombo (ton bizness). Ouais tu t’imagines que j’ai que ça à faire hein dis-moi un peu ? D’accord ! C’est simple. Aligne-moi les dix kolos jusqu’à Bafoussam et tu verras si je back (pars) comme je vais back là.

A la boutique contiguë à didjé Pone (vraiment depuis l’avènement de Douk Saga-là même les bébés qui s’amusent avec les seins que Kitoko respecte au plus noir de la nuit sont devenus tous des disc jockey qui font poum poum dans nos vagabondes oreilles). Donc à la boutique attenante à l’office des Sons de didjé Pone qui s’appelle pas Pone mais qui veut faire didjé en se surnommant Pone j’ai baye deux sachets de nescafé. À l’Assoumière le maître des lieux m’attend nyanga-nyanga (élégant-élégant) dans une chemise pagne marron à l’effigie de la Banque des États de l’Afrique centrale où bosse Mac. «Mets des chaussures fermées !» il a tell dès que je suis entré dans sa chambre. «Pourquoi ?» j’ai gueulé parce que le big tété parfois s’exprime on dirait je suis dans sa koumou (tête en banda mon patois) pour saisir automatiquement cette crapule suite d’idées. «Je croyais que tu disais hier que nous irons ensemble à Angongué !» il a dit dans une voix qui relevait presque de la supplication. Il a raison et j’ai tort de pas vous additionner le nombre de fois où j’ai refusé de go avec lui dans son village natal simplement parce que franco je me comportais quelquefois comme un écrivain obsédé par le nobel. «Ah d’accord !» j’ai fait en me dirigeant dans le bureau que Pico m’a aidé à assiéger depuis mon arrivée. «Les insectes lorsque ça voit les orteils ça pique-nique là-dessus comme y a pas deux là-bas» il a signalé quand je l’ai retrouvé plus tard…

LE CHEF EN CULOTTE

LE CHEF EN CULOTTE

Démarre quatre-quatre Runner «vrouuum !» mais je suis déjà démarrée non. Baobab –merde est-ce que c’est ça même que je veux dire ? Sésame –putain je te couperai ma langue si tu continues à niquer lapsus ! Portail –c’est ça même le mot merci ma bouche- portail ouvre-toi oui Troukou Traka c’est comme si c’était fait. Et la bouche du gbagba (la clôture) s’écarte sur les gencives et les dents du rez-de-chaussée de l’Assoumière. Magne-toi Marie Claire la bougna (bagnole) est impatiente de partir. Doucement la bougna c’est quelle voiture même qui met le feu au cul des mo’t comme ça ? Tu sais pas que moi Marie Claire que tu me vois-là je suis malade ?

Bon à ce soir Assoumière ! Ok on est ensemble on se voit tchao bye ! Vrouuuuuum attention virage je te prends vers la droite. Montée Jouvence tu peux pas résister à mes quatre roues motrices c’est moi Runner qui te parle. C’est comment les voisins nous on part-part là ! Ça va le sommet ? Cédez le passage bend-skins mototaxis de la mort et vous aussi taxis. Eh oui vous vous débrouillez et moi je fais quoi là. Biyem-Assi bonjour c’est comment man on est là on se débrouille toujours dans ce pays oui on va comme ça à Angongué allons non merde j’ai oublié que tu es un kwat (quartier). Aïe j’ai failli ne pas embarquer le chef d’Angogué l’homonyme de Méka le vieux nègre et –va demander à Oyono si le personnage central de son roman a eu ou non- la médaille…

Assez de me ravir comme ça la vedette la bougna c’est moi Kitoko le narrateur de Rio blues pour les héros oubliés. Tu crois que quoi ? C’est pas parce que tu as remplacé un peu mes pieds que tu penses que je peux pas taper cent trente-huit kilomètres en kpama (marche) pour aller à Angongué ? Tu vois pas les opep ces véhicules de transport interurbain qui me tapent les mains (supplient) de gonfler le volume de leur bèlè ? «Écoute Kitok…» Ta gueule moi je hais les corbeilles à parole dans ton genre et si tu continues j’arrête d’écrire et on verra bien où tu vas cirer les airs (crâner). Oui moi je suis quelqu’un ici dans ce livre et ça me fout les boules qu’un nyama-nyama (moins que rien) comme quatre-quatre Runner-là me dispute comme ça le verbe. On est pas au cinéma nom de Dieu pour voir les voitures nous égaler en parole. «S’il te plaît Troukou…» La ferme ou moi que tu me transportes-là je vais finir avec toi là là là même…

Et puis toi qui lis là tu es même comment ? Quel consulat du rire t’a délivré le visa pour rigoler ? D’ailleurs je suis flop cass (très fatigué) à force de m’égosiller comme ça là. Way’t (attends) le jour où paraîtra ce roman pour no (connaître) la suite de l’histoire. Fais la gueule si tu veux mais je sais que c’est nous nous on monte on descend tu liras ce ndourou (court) poème.

Plût au ciel que j’aille encore à Angongué

Plût au ciel qu’avec les syllabes de mon cœur j’aille marivauder

Dans le parfum exaltant de la roseraie des cocotiers

Plût au ciel que de ko’hô j’aille exhumer l’innocence de ton enfance

Ruisseau roussâtre au seuil de ta virginité naguère violée par le temps

Comme mon poète béni qui pèche contre la vertu

En creusant une tombe qui ne l’engloutira pas de si tôt

Ceci n’est que les premières ébauches d’une écriture qui colonisera la langue française qui sauvage maaal dans la Coupole.

Benoît Kongbo

Extraits de Rio, blues pour les héros oubliés

BOUTURE DE CANNE A SUCRE

BOUTURE DE CANNE A SUCRE



MOTO-TAXI ? BONJOUR LES GAFFES (Attention : quelques images violentes)
13 septembre 2008, 1:34
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Depuis bientôt trois ans, les rues des principales villes du Cameroun sont prises d’assaut par une nouvelle génération de taxis : les motos-taxis. Les motos-taxis ont fait leur apparition pour la première fois dans les villes du nord du Cameroun. C’était il y a une vingtaine d’années. La pratique s’est ensuite étendue à la ville de Bertoua. A la faveur des lois portant sur la levée des entraves douanières à l’exportation, des motos asiatiques vendues à bas prix ont inondé le marché camerounais, entrainant la généralisation de la pratique des matos-taxis à tout le Cameroun. Car, celles-ci ont l’avantage de pouvoir circuler là où les voitures ont du mal à passer.

MOTOCYCLISTE A ANGONGUE

MOTOCYCLISTE A ANGONGUE

JE SUIS DERRIERE VOUS

JE SUIS DERRIERE VOUS

Du coup, des scènes comme celle-ci ne sont plus rares.

MOTO A YAOUNDE EKOUNOU

MOTO A YAOUNDE EKOUNOU

A Douala, on parle de cabine avancée pour dire qu’un motocycliste a pris plus d’une personne sur sa moto. On dit parfois aussi qu’il a bâché.
MOTO A TROIS

MOTO A TROIS

Malheureusement, on assiste parfois à ce genre de spectacle

HORREUR

HORREUR : VICTIMES DE LA MOTO SANG SANS SENS

Au mois de mars 2008, lors des grèves sur la vie chère qui ont dégénéré en émeutes à caractère politique, les motos-taxis étaient souvent en tête de cortège dans les manifestations de rues.
GREVES A YAOUNDE

GREVES A YAOUNDE



RETOUR DE BANGUI
9 août 2008, 9:17
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La loge poétique de l’Assoumière est en fait un coin de ma chambre encombré d’objets de culte aussi surprenants qu’un ordinateur, tous les mecs du collège de pataphysique, quelques variations sur les dernières contraintes oulipiennes et le récent livre de Michel Deguy. Des auteurs comme Ariane Dreyfus, Emmanuel Moses, Claude Esteban, Paul Louis Rossi et Jacques Roubaud entretiennent le mystère de cet espace sacré. Une fenêtre ouverte sur le délabrement d’une modernité qui appréhende le progrès en fonction de la quantité de forêt saccagée au profit des ouvrages en béton laisse voir le mont Eloumnden dont les flancs sont couverts d’une verte toison arbustive qui, sans aucune cesse, interpelle ma paresse. Car depuis bientôt dix ans que j’ai emménagé dans ce quartier de Yaoundé, j’ai toujours remis à plus tard le jour où à mon tour, j’irai violer la virginité de ce lieu alpin.

J’ai quitté l’Assoumière aux premières heures du matin pour un voyage qui n’allait réellement commencer qu’à l’aéroport international de Douala où j’occupe les heures d’attente à lécher des vitrines. Quelques babioles m’attirent. Je renonce à les acheter parce qu’elles coûtent la peau du cul. Pour les mêmes raisons, je renonce à acheter une bouteille d’eau minérale vendue à cinq fois son prix normal.

Le soleil est au zénith et ma soif à son comble lorsque l’avion de la compagnie d’un pays voisin est annoncé. Il est plein et encombré comme un taxi de brousse. Mon bagage à main est envoyé à la soute dans un contexte où les passagers alignant parfois jusqu’à quatre gros sacs chacun ont rempli la cabine.

Nous survolons les marécages de Douala, la Dibamba, la Sanaga, Port Gentil et les hauts plateaux Batéké avant de nous poser sur Maya-Maya, l’aéroport international de Brazzaville. Une heure plus tard, le ciel du Congo. Nous survolons le fleuve éponyme de ce pays. Je n’arrête pas de penser à Sony Labou Tansi, à Tchicaya U Tam’si, mais aussi à Mobutu, Idi Amin Dada, Jean Bedel Bokassa et le coup d’Etat de la Saint Sylvestre. Mes souvenirs traînent encore sur la fosse aux crocodiles de Berengo à l’époque de l’empereur de Centrafrique lorsqu’une voix annonce l’aéroport international de Bangui M’poko. Je descends de l’avion en pensant à Pierre Sammy Mackfoy et surtout Benoît Kongbo que je n’avais pas revu depuis trois ans. Dans la salle d’attente, une pancarte brandissait mon nom. Hervé, le chauffeur de l’Alliance Française de Bangui où m’attend Vincent Carrière se met à sourire aussitôt que je me signale comme étant celui qu’il attend et dont le nom figure sur la pancarte qu’il lève plus haut que toutes les autres. Nous nous serrons la main comme de vieilles connaissances.

Centre ville de Bangui. Au fond de cette rue se trouve la présidence.

Centre ville de Bangui. Au fond de cette rue se trouve la présidence.

 

 

 

 

 

A l’Alliance Française de Bangui, Je parcours rapidement la presse locale qui me frappe par sa diversité et sa liberté de ton. Benoît Kongbo et Hervé Yamnguen m’attendent depuis midi. Tout le monde me parle des tableaux de ce dernier où le rouge et le bleu se donnent la main dans une harmonie qui rappelle non seulement Matisse, mais surtout Salvador Dali.

Le Congo ex-Zaïre

De l'autre côté du fleuve Oubangui : Le Congo ex-Zaïre

 

 

J’ai terminé la soirée dans un grand luxe de bières au Tangawissi, la discothèque populaire de Bangui, avec le comédien Wes, Benoît Kongbo, Hervé Yamnguen et ses utopies en couleur. Je ne sais pas qui a réglé l’addition. Je pense qu’une main invisible s’en est occupée sans nous avertir. J’ignore aussi comment Vincent Mambachaka qui m’a fortement déconseillé ce coin pollué de péripatéticiennes a fini par se rendre compte que je ne suis pas resté sagement à l’hôtel. Ceci explique-t-il cela ? Rien n’est moins certain…

Le lendemain, dans une salle fortement climatisée, m’attend une bande de cinq illuminés qui allait rapidement se transformer en une sorte de brigade d’intervention poétique. Ainsi, «Le cadavre exquis boira le vin nouveau » jusqu’à la lie.

Sept jours durant, le mont Gbazabangui nous a soufflé des songes que nous avons appris à épeler sur les berges du fleuve Oubangui. Nous avons refait le monde à notre image. Nous avons célébré la poésie dans tous ses états. Nous avons joué avec la langue française toutes les symphonies les plus contemporaines et essayé des contraintes qui renverseraient n’importe quel oulipien. Nous avons poétisé jusqu’à l’orgasme, avec quelques parenthèses à l’université et à d’autres lieux de culture de la ville.

Séance de dédicace

Séance de dédicace

 

 

 

 

La veille de mon retour au Cameroun, un récital de poésie auquel n’ont participé que Grégoire Grenbgale et une forte tornade a été organisé. Grégoire se mit à bégayer des poèmes à voix haute en fuyant d’un coin à l’autre de la Tuilotte, au gré du vent qui, tantôt dirigeait la pluie vers nous, tantôt nous donnait du répit.

Le lendemain, Bangui M’poko, Maya-Maya, Douala, l’Assoumière